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Semaine nationale du rein (Du 15 au 23 octobre 2005)

A l’occasion de la Semaine Nationale du Rein, associations, sociétés savantes et autorités de santé s’associent pour informer et sensibiliser à ce problème majeur, qui touche près de 3 millions de Français. Découvrez les enjeux de cette campagne, le programme de cette semaine d’actions ainsi que les engagements du Ministre de la santé.

Les maladies des reins ne provoquent en général aucun symptôme perceptible avant un stade très avancé, c’est pourquoi elles sont souvent diagnostiquées trop tardivement, alors qu’une prise en charge précoce et appropriée aurait permis de ralentir ou de stopper leur évolution. Or, si elles ne sont pas traitées, elles peuvent évoluer vers l’insuffisance rénale chronique, nécessitant parfois le recours aux traitements lourds que sont la dialyse ou la greffe de rein.
Les Français connaissent mal leurs reins
“La plupart des Français connaissent mal le rein, ignorant jusqu’à son emplacement et sa fonction“ constate Régis Volle, président de la Fondation nationale d’aide aux insuffisants rénaux (FNAIR : http://www.fnair.asso.fr/). Un sondage BVA* commandé par l’association témoigne de cette méconnaissance. Près de 80 % des Français situent les reins dans le bas du dos, alors qu’ils se trouvent sous le foie pour le rein droit, contre la rate pour le rein gauche, de chaque côté de la colonne vertébrale et au niveau des dernières côtes. Les Français sont également 55 % à considérer le mal de dos comme un symptôme d’une maladie rénale… Autant d’erreurs largement dues à l’abus de langage trop souvent constaté entre un simple mal de dos et le “mal aux reins“. Si près de 90 % connaissent le rôle de filtration et de régulation hydrique des reins, seuls 30 % savent qu’ils jouent également un rôle dans la régulation de la tension artérielle et dans la formation des globules rouges nécessaires à l’oxygénation du sang… Les conséquences de la maladie sont également très largement méconnues : 80 % estiment que l’arrêt du fonctionnement des reins entraîne irrémédiablement la mort (alors que la dialyse et la greffe peuvent heureusement les suppléer), 60 % pensent que le rythme de la dialyse est mensuel alors que trois séances de 4 à 6 heures par semaine sont nécessaires (pour l’hémodialyse, technique la plus répandue).
Autant dire que les maladies rénales souffrent actuellement d’un réel manque d’informations auprès du grand public… mais également auprès du corps médical. “L’enseignement médical généraliste ne laisse que peu de place au dépistage et à la prise en charge des maladies rénales“ regrette Régis Volle. Mais force est de constater que le diagnostic reste aujourd’hui souvent trop tardif, près d’un tiers des patients sont détectés au stade terminal de l’insuffisance rénale, et doivent être traités en urgence par une dialyse qui aurait pu être retardée, voire évitée.
L’insuffisance rénale en quelques chiffres
– Près de 250 millions dans le monde et 3 millions de personnes en France sont concernées par les maladies rénales ;
– Environ 7 000 malades parviennent chaque année au stade terminal d’une insuffisance rénale. Ce chiffre augmente d’environ 6 % par an ;
– Actuellement près de 31 000 personnes de tous âges survivent grâce à la dialyse et plus de 21 000 grâce à une transplantation rénale ;
– Le coût du traitement de l’insuffisance rénale terminale s’élève à près de 3 % du budget de l’Assurance maladie, pour 0,05 % de la population…
Un semaine nationale d’actions
Avec l’aide de nombreux partenaires et le soutien du Ministère de la santé, la FNAIR organise la première semaine nationale du rein. De nombreuses manifestations auront lieu dans toute la France. Le programme complet est disponible sur le site de la semaine du rein (http://www.semainedurein.fr/). “Tout au long de la semaine seront organisés des colloques médicaux destinés au grand public et médecins, des actions de dépistage pour les malades à risques, diabétiques et hypertendus, le diabète et l’hypertension étant parmi les principales causes des maladies rénales“ précise Mr. Volle.
Le coup d’envoi est donner le 15 octobre par les “Premiers états généraux des jeunes adultes touchés par l’insuffisance rénale“ à Paris. Sur deux jours, cet événement aura pour objectif de dresser un état des lieux des problématiques auxquelles ces jeunes sont confrontés (vie en société, travail, accès au crédit, grossesse, qualité de vie…) autour du fil conducteur “Vivre avec une insuffisance rénale, vivre avant tout !“.
Les engagements du Ministre de la santé
Lors de la conférence de lancement de cette semaine du rein, le Ministre de la santé Xavier Bertrand a tenu à rappeler que la loi de santé publique du 9 août 2004 prévoyait la stabilisation de l’insuffisance rénale chronique terminale d’ici à 2008 et la réduction de son retentissement sur la qualité de vie des personnes atteintes, en particulier celles sous dialyse. Il a par ailleurs détaillé les actions réalisées et à venir pour atteindre ces objectifs. Parmi elles, on peut retenir la mise en oeuvre de campagnes d’information du public et des professionnels de santé, le développement de réseaux de dépistage et de surveillance des malades atteints d’insuffisance rénale, le développement d’outils de surveillance de cette maladie ou encore l’inscription des enjeux relatifs au bon suivi de la fonction rénale et de la pression artérielle dans le nouveau carnet de santé de l’enfant diffusé à compter du 1er janvier 2006… Par ailleurs, l’élargissement des possibilités de greffes entre donneurs vivants (loi de mai 2005) semble déjà porter ses fruits : de janvier à septembre 2005, 143 greffe de rein à partir de donneur vivant ont été enregistrées contre 118 en 2004 sur la même période.
“Compte-tenu du vieillissement de la population, l’insuffisance rénale est un défi de santé publique que nous devons relever, tant en matière de prévention, de prise en charge que de greffe“ a conclu le Ministre de la santé.
David Bême
* Sondage BVA/FNAIR réalisé auprès de 1 011 personnes représentatives de la population générale conduit entre le 1er et le 5 septembre 2005.
Un site pour aller plus loin
Le site de la semaine du rein : http://www.semainedurein.fr/

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